Les backtests
Dérouler une règle sur vingt ans de données, et regarder ce qu'elle aurait donné — sans se raconter d'histoire.
Un seul moteur, et c'est le point
Le backtest d'un titre isolé et la simulation d'un portefeuille entier appellent les mêmes primitives de remplissage d'ordre. C'est ce qui rend leurs résultats comparables : deux moteurs concurrents, c'est deux façons de compter les frais et deux vérités.
Ce qui est simulé honnêtement
- Les gaps à l'ouverture. Un stop placé à 100 sur un titre qui ouvre à 92 est exécuté à 92, pas à 100.
- Le slippage joue toujours contre vous, à l'achat comme à la vente.
- Les frais sont comptés une fois, à chaque sens.
- L'ambiguïté intra-barre est tranchée en faveur du stop. Quand une séance touche à la fois l'objectif et le stop, on ne sait pas lequel est venu en premier : le moteur suppose le pire.
- Aucune connaissance du futur. Un stop suiveur est recalculé à la clôture d'une séance et ne s'applique qu'à la suivante. Le confronter au plus bas de la séance qui vient de le produire reviendrait à connaître la clôture avant qu'elle n'existe — c'est l'erreur la plus fréquente du genre, et des tests l'interdisent.
Ce qu'un backtest ne dit pas
Ces écarts-là ne sont pas des défauts de calcul : ce sont les limites de l'exercice. Les connaître change la façon de lire un résultat.
- Le biais du survivant
- L'univers est construit à partir des sociétés cotées aujourd'hui. Celles qui ont fait faillite ou ont été rachetées n'y figurent pas — on ne peut donc pas perdre sur une faillite absente de la liste. L'effet gonfle le rendement, silencieusement, de l'ordre de un à quatre points par an selon les univers.
- Les frais réels
- Les coûts par défaut sont volontairement bas. Chez un courtier français, ils sont largement supérieurs. Sur une stratégie qui fait cent allers-retours par an, l'écart se compte en dizaines de points de performance annuelle : une stratégie gagnante en simulation peut être perdante en réel pour cette seule raison. Réglez-les avant de comparer quoi que ce soit.
- La liquidité
- Le moteur limite la taille d'une position en pourcentage du capital, mais ne regarde pas le volume échangé. Sur une petite valeur, un ordre réel déplacerait le prix ; la simulation, elle, sert la clôture comme si le marché attendait.
- Les prix ajustés sont rétroactifs
- La série ajustée d'aujourd'hui pour 2015 n'est pas celle qu'on voyait en 2015 : chaque dividende versé depuis a réécrit le passé. L'effet sur des signaux de tendance est faible, mais il n'est pas nul.
Un backtest décrit ce qui se serait passé. Il ne dit pas ce qui se passera. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et Avantion ne constitue pas un conseil en investissement — voir les conditions d'utilisation.